Art et sciences 2019
 

Arts et sciences


Avec le soutien du Laboratoire d’Hydrodynamique (LadHyX),
de la Chaire arts & sciences de l’École polytechnique,
de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs - PSL,
de la Fondation Daniel et Nina Carasso,
du CNRS,
de l’École nationale supérieure d’art de Dijon
et du labex LaSIPS.

Labofactory

Labofactory est un collectif artistique expérimental et ouvert, créé en 2005 par Jean-Marc Chomaz, artiste physicien, Laurent Karst, architecte/designer, François-Eudes Chanfrault, compositeur.
En référence à la Factory d’Andy Warhol qui avait pour vocation de créer des liens forts entre les arts plastiques et la musique, Labofactory se fonde sur un territoire commun entres les arts et les sciences, un espace de recherche d’où pourront émerger un imaginaire partagé et de nouveaux récits.
Labofactory développe autour de nombreuses collaborations interdisciplinaires des projets artistiques et des installations avec une approche multimédia. Sa production intègre des recherches scientifiques en mécanique des fluides, des problématiques spatiales et sonores.
Labofactory a notamment présenté en 2005 lors de Nuit Blanche, Infraespace, une installation à partir d’anneaux de vapeur commandés par le son. Ses installations et métamachines sont présentées en France et à l’étranger, à Paris, Boston, Moscou, Berlin, Amsterdam, Bogota.
Le groupe Labofactory, à travers ses recherches entre les arts et les sciences se positionne face aux questions sociétales, de l’homme au sein de son environnement, de notre rapport au temps, à l’espace, au vivant. Il cherche à révéler les forces telluriques qui déterminent notre trajectoire, notre ressenti. En forçant l’adaptation à de nouvelles conditions sensorielles, les oeuvres de Labofactory provoquent des situations émotionnelles capables de faire ressentir d’une autre manière les enjeux actuels. Elles tentent de refonder la vision et l’éthique des sciences et de l’art dans une narration sensible et poétique du monde, affirmant leur dualité.

Jean-Marc Chomaz est artiste, physicien, directeur de recherche au CNRS, professeur à l’École polytechnique, directeur du Laboratoire d’excellence LaSIPS de l’université Paris Saclay et co responsable, avec Samuel Bianchini, de la Chaire arts & sciences de la Fondation Daniel et Nina Carasso, de l’École polytechnique et de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs - PSL.
Il a cofondé le Laboratoire d’Hydrodynamique (LadHyX) qu’il a codirigé de 1990 à 2013, et le collectif Labofactory en 2005. Ses recherches portent sur la dynamique des films de savon, la biomécanique, la théorie de l’instabilité, l’éclatement tourbillonnaire, les fluides géophysiques, l’océanographie, le climat et les relations entre arts et sciences.

Laurent Karst est architecte designer, diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg et diplômé de la Domus Academy de Milan en design industriel.
En 1995, il est lauréat du prix de la Villa Médicis pour une recherche sur l’utilisation des déchets industriels. Il travaille ensuite comme chef de projet, designer et architecte dans différentes agences internationales d’architecture, notamment au sein de l’agence Jean Nouvel. En 2003, il rencontre Jean-Marc Chomaz, artiste physicien. Ils fondent alors le groupe artistique Labofactory et réalisent avec François-Eudes Chanfrault, compositeur, des machines qui produisent des anneaux de vapeur commandés par le son.

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SKY

De LABOFACTORY : Jean-Marc Chomaz, artiste/physicien (X et Labofactory), Laurent Karst, architecte/designer X, ENSA Dijon et Laboctory), Filippo Fabbri, chercheur/compositeur,(Université Paris-Saclay et Labofactory), Greg Louis, compositeur (ESSS et Labofactory), avec l’assistance de Antoine Garcia (LadHyX), Eunyoug Lee (étudiante ENSA Dijon), et avec la participation technique de Didier Bouchon (Chaire arts & sciences).


Elaboré par le collectif Labofactory, SKY est un dispositif qui permet d’expérimenter en direct, un peu comme une manipulation de laboratoire, celle que les chercheurs en sciences utilisent habituellement pour effectuer des mesures et dégager certains principes de fonctionnement des phénomènes physiques. SKY a notamment été présenté du 15 au 17 mars 2019 au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition La Fabrique du Vivant, lors de Behavorial Matter, une série d’événements rassemblant plus de 70 artistes et chercheurs pour explorer la notion de “comportement” au croisement des arts, du design et des sciences.

Dans un bassin de 2,5 mètres, une nappe de brume est animée par des formes mobiles et éphémères, fantomatiques et mucilagineuses. Cette substance, à la matérialité incertaine, change de texture et se déplace en réponse aux mouvements autour du bassin, réagissant à la caresse distante d’une main. La brume se comporte comme une matière sonore faite de textures et de rythmes. Différents mouvements, réponses et écritures musicales sont explorés en fonction des informations fournies par différents capteurs de distance, de mouvement ou de chaleur placés à chaque extrémité du canal de brume.

L’espace est plongé dans l’obscurité. Au sol on distingue trois formes longilignes disposées parallèlement, qui produisent une étrange lueur. On dirait des sortes de curseurs lumineux dans lesquels une épaisse masse de brume se déplace lentement. Puis le son monte dans la pièce, comme le sifflement d’une forte brise. Les masses nuageuses au sol vibrent, se déplacent, accélèrent, se croisent. En relation avec le son, et à mesure que ces mouvements se produisent, la lumière de l’espace change, passe de l’obscurité quasi totale, à une forte lumière diffractée à travers des volutes de brume au sol. Puis le sifflement s’estompe. Les nappes nuageuses se déplacent plus lentement, puis se stabilisent pour soudain à nouveau s’élancer sur une ligne. On assiste à une chorégraphie lumineuse où l’intensité des mouvements de brume varie à l’infini, en même temps que l’intensité lumineuse de l’espace, tel un ballet de nuages emportés dans le ciel, dégageant au fur et à mesure la voûte céleste, qui libère alors une lumière changeante de plus en plus intense.

L’installation immersive SKY est issue d’un ensemble de manipulations et de tests sur le contrôle du déplacement de la brume avec une interface sonore. Conçue comme une sorte d’organisme vivant, répondant aux sollicitations d’un environnement sonore composé spécialement pour l’oeuvre, elle laisse également place à l’interactivité avec le spectateur.


Sky, 2019, installation générative © Labofactory

L’interaction humaine y affecte la brume – de même que, dans le monde réel, elle influe sur le changement climatique – ainsi que la polarisation du matériau sonore, transcrivant différentes combinaisons de comportements humains positifs et négatifs envers la nature. SKY traduit par analogie l’écoulement des nuages que l’on observe dans le ciel et qui, par beau temps, produit une lumière intense en dégageant la voûte céleste. SKY transpose ce phénomène en renversant le sens de lecture. La lumière ne vient plus du haut, mais du sol et la masse nuageuse se déplace le long d’une ligne étroite, accentuant la perception du mouvement et de la vitesse. SKY offre une perception nouvelle de ce phénomène, enrichie par le son, provoquant un rapport physique particulier face à ces changements d’atmosphère et de lumière, une immersion inédite propice à la contemplation et propice à questionner notre relation face à ces phénomènes naturels.


Sky, 2019, installation générative © Labofactory