Invité∙e∙s / 2019

Étudiant∙e∙s récemment diplômé∙e∙s en école d’art

  Dana-Fiona ARMOUR
Kamil BOUZOUBAA-GRIVEL
Gaëtan DI PIZIO
Farid KATI
Fabian GRÖNING
Théodora KANELLI
Naomi LULENDO
Alexandra RENNE
Lucas TALBOTIER
TINA ET CHARLY
 
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Dana-Fiona ARMOUR

Née en 1988
www.instagram.com/danafionaarmour/
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Diplômée de l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris, 2018

Dana-Fiona Armour joue avec les paradoxes entre l'aspect hygiénique de ses oeuvres, la plupart réalisées à partir de matériaux synthétiques - latex artificiel, silicone, résines diverses - et l'irruption brutale du corporel dans sa dimension la plus féroce : sang animal périmé, lait stérilisé où surnage un moulage de colonne vertébrale, carrelage en peau de porc tatoué, récupérée à l'abattoir. Si le cochon la fascine tant, c'est pour son lien involontaire avec l'être humain, son devenir en tant que laboratoire sur pattes d'expérimentations médicales, son exploitation tout autant que la détestation qu'il suscite. Somme toute, une allégorie inquiétante du corps marchandise, produit d'échanges comme les autres.

Zehn Liter
2018, sang de porc et gélatine de porc, installation in situ

 

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Kamil BOUZOUBAA-GRIVEL

Né en 1992
www.kamilbouzoubaagrivel.com
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06 13 45 26 76

Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNSAP 2018

Que ce soit avec un stylo ou avec son téléphone portable, Kamil Bouzoubaa-Grivel dessine des lignes. Il s’intéresse aux différentes formes d’écritures manuscrites et vectorielles qu’il utilise à la fois comme signe et comme objet plastique autonome. Dans des allers-retours entre le digital et l’analogique et à travers des jeux de formats (extension, réduction, zoom...), il brouille les pistes sur la nature de ces tracés qui dérapent et glissent de la 2D vers la 3D. Gouvernées par leurs propres logiques internes, ses pièces dialoguent entre elles par système de ricochets. Elles proposent une narration, la leur. 

Walkabout
2018, mousse EVA, métal, dimensions variables @Romain Darnaud

 

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Gaëtan DI PIZIO

Né en 1991
www.dipiziogaetan.tumblr.com
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06 44 25 56 53

Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNSAP 2018


La peinture de Gaëtan Di Pizio semble obéir à un code graphique caché. Ses tableaux abstraits et colorés, de petits et grands formats, ressemblent à des cartographies qui auraient perdu leurs légendes et que l'on peut réinterpréter à sa guise. Ces paysages mentaux sont principalement formés d'aplats de couleurs vives eux-mêmes traversés par des additions de points, de tirets, de coulures et autres trames répétitives qui permettent de créer des reliefs. On peut y voir des circuits automobiles, des autoroutes, des villes, des plans d'eau... Tout un environnement urbain qui s'architecture en rythme pour ces tableaux faits à l’acrylique et glycérol sur toile ou sur bois. Ludiques, presque enfantins, mais toujours maîtrisés et minutieux, ils ne sont pas sans rappeler les œuvres abstraites de Silvia Bächli ou de Jonathan Lasker. Le jazz, la soul ou le funk les sous-tendent puisque ce sont les musiques qui aident l'artiste à se concentrer et à être emporté ailleurs, durant ses journées de travail. La musique sert ici de point de fuite et permet à l'artiste de focaliser son attention. Chaque motif devient alors une note de musique dans des tableaux qui peuvent être assimilés à des partitions exécutées dans un état quasi hypnotique.
Anaïd Demir


Sans titre
2018, acrylique et glycérol sur toile, 170 x 160 cm


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Farid KATI

Né en 1994
www.instagram.com/katifarid/
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07 81 99 94 58

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts du Mans, DNAP 2017
Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNAP 2019

Les forces énergétiques sont au cœur de ma préoccupation artistique, je suis très attiré par le fait de travailler avec des éléments naturels, très sensible aux spectacles qui se produisent par ces éléments dans l’environnement. Dans ma pratique, je les sublime en réalisant des œuvres contemplatives, négociées avec la nature, et particulièrement avec le vent qui se mêle à d’autres éléments. Cela va de simples sculptures éphémères et cinétiques à des machines-sculptures cinétiques, dessinant par les mouvements énergiques et fluctuant du vent. Je veux avant tout créer des œuvres contemplatives, évocatrices et suggestives pour les spectateurs. Les aérographes sont des machines à dessiner, animées par l’énergie et les mouvements fluctuants du vent. Ces machines-sculptures donnent une forme picturale au vent, une écriture. Ils sont essentiellement métalliques, assemblés avec des objets mis au rebut, leurs mécanismes sont complexes. À l’image d’outils météorologiques, ils révèlent les signatures des passages du vent dans des formes abstraites, spontanées et d’une très grande capillarité.

Aérographe n°6
2019, machine-sculpture cinétique, métal, tissu, papier et feutre, 196 x 152 x 62 cm

 

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Fabian GRÖNING

Né en 1992
www.fabiangroening.de
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Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Atelier Jean-Marc Bustamante, DNSAP 2018

Mes installations sont constituées de peintures de grands formats. Elles sont pensées comme des environnements immersifs qui font entrer le spectateur dans une relation de proximité avec la peinture. La notion de paysage et d’espace s’étend du tableau à l’installation et à travers les liens qui se créent. Ainsi je cherche à concevoir un espace flottant dans lequel les éléments entretiennent un rapport libre entre eux. Je voudrais mener une double réflexion, portant d’une part sur la dimension picturale inhérente à la peinture et d’autre part sur sa dimension spatiale. Les frontières entre sculpture, peinture et installation s’effacent, l’une fait inévitablement partie de l’autre. Dans ce libre jeu des formes, je cherche à découvrir un espace qui se tourne vers le spectateur, qui le sollicite et l’implique. Ainsi mes installations de peintures invitent à s’approcher, à se familiariser et à rencontrer le monde d’une manière inopinée. Dans ces instants de proximité, elles évoquent un sens pour les possibilités, elles commencent à raconter l’expérience d’un monde mobile et tangible.
La lumière ou le feu comme principaux matériaux pour créer des surfaces picturales.

Sans titre
(vue d’exposition), 2019, acrylique sur toile, 195 x 130 cm
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Théodora KANELLI

Née en 1988
www.instagram.com/theodora.kanelli/
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06 10 65 01 15

Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNSAP 2018

Architecte de formation, Théodora Kanelli est artiste mêlant peinture et analyse spatio-temporelle. Elle s’intéresse aux œuvres théâtrales, cinématographiques et littéraires traitant de mythologie, cartographie et voyage d’une vie antérieure. L’idée du “jeu”, centrale dans son travail, lui permet d’aborder des notions telles que la réapparition, la pénitence, l’exclusion, l’isolation. Pour le projet “Itinéraire d’une hybris” elle s’est inspirée du mythe de l’archipel des Bijagos, raconté dans le film de Chris Marker Sans soleil. Un voyage, une cartographie, dix îles, un héros se métamorphosant en dix formes différentes, traversant successivement les espaces pour arriver “jusqu’à la dernière plage, celle où il attendra le bateau pour l’autre monde…”. Elle s’intéresse à l’éphémère des matières fragiles, qu’elle collectionne afin de créer des indices éparpillés prélevés de l’histoire initiale du jeu.
La lumière ou le feu comme principaux matériaux pour créer des surfaces picturales.

Sans titre
série de peintures, 2018, technique mixte sur plexiglas, 61 x 76 cm (chaque)
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Naomi LULENDO

Née en 1994
www.naomilulendo.com
Email
06 65 13 71 55

Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, 2018

Les œuvres de Naomi Lulendo sont telles des matérialisations de l’intérêt de l’artiste pour le détournement : des mots, des sens, des objets, des expériences de l’espace, du corps, de l’identité. Faisant appel à une variété de médiums (peinture, sculpture, photographie, installation...) l’artiste crée des œuvres qui troublent et réinventent nos rapports aux espaces que nous habitons. Qu’elle exploite les potentiels et dimensions symboliques des objets architecturaux ou explore le processus de construction identitaire opérant parfois une analogie entre corps et espace, l’artiste reformule nos manières d’appréhender les objets comme les concepts. Les œuvres de l’artiste sont imprégnées de sa biographie, faite
d’allers-retours entre les Caraïbes, l’Afrique et la France. Créant un parallèle entre le corps-surface et l’espace géographique, Naomi Lulendo pointe l’exotisation dont ils font pareillement l’objet. Investissant l’idée et l’usage de l’écran comme surface, les œuvres de Naomi sont des lieux de projection d’imaginaires, de désirs, de souvenirs, de questionnement et de quête.
Sandrine Honliasso

Su.Aves (Surface Alternative), Surface, plateau n°7/8
2018, technique mixte, 28 x 20 cm
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Alexandra RENNE

Née en 1992
Email
06 23 53 75 81

Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNSAP 2019

Mes sculptures sont une émotion sans cesse enrichie. Organiser/assembler/construire/couper/former sont des gestes répétitifs qui font partie de mon processus de création. Je crée un coffrage à l’aide de carton, j’imagine la forme, puis je coule le béton. Par la suite, j’y ajoute d’autres matériaux tels que le métal qui peut me servir de support. Je travaille également avec du tissu que je combine avant la prise du plâtre, ce qui produit une forme de décor et donne un autre rythme aux volumes.

Ma Petite armée
2016-2019, plâtre et matériaux divers, hauteur 40 cm
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Lucas TALBOTIER

Né en 1994
www.instagram.com/lucastalbotier/
Email
06 37 51 45 68

Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, DNSAP 2018

La tâche, l’aplat, l’empreinte, la couche, le pigment, la couleur, Lucas Talbotier use du vocabulaire pictural jusqu’à épuisement. Son intérêt premier pour la matière additionne les différentes surfaces comme pour la travailler jusqu’au bout. Évacuant la mesure, la parcimonie, et d’une certaine manière l’équilibre, la relation boulimique de l’artiste au médium évoque presque un rapport de force, de pourvoir. Au champ lexical de la peinture, s’ajoute en effet celui de la lutte. Dans ce geste primaire, chaque surface vient annuler la précédente dans une boucle sans fin. Image après image, après image jusqu’à ce que la peinture ne puisse plus, que la matière refuse ou que l’artiste abdique. Bien sûr, dans ce tête-à-tête acharné, la matière l’emporte sur la forme. Si le geste s’opère dans l’immédiateté, la répétition voire l’obsession à éliminer chaque apparition, inscrit le travail dans une routine qui vise finalement à objectiver le tableau, à le faire matière avant tout. Pourtant, si cette endurance est le signe d’un essoufflement dans la peinture – tout aurait-il déjà été fait ? – elle est aussi le résultat d’une “forme” physique en quête de toujours plus de possibilités.
Eliza Rigoulet

Red Cross
2018, acrylique sur lin, 200 x 170 cm
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TINA ET CHARLY

Tina CAMPANA
Née en 1993
Diplômée de l’École supérieure d’art d’Avignon, DNSEP 2018
Charly FERRANDES
Né en 1992
Diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Nîmes, DNAP 2016

www.tinaetcharly.com
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Le besoin de créer une nouvelle forme de communication pour partager leurs ressentis est une priorité dans le duo : la structure linéaire des mots ne répond plus à leurs cosmovisions respectives qui, elles, évoluent dans un plan plus spacial. Leur intention est d’inventer une forme de dialogue basée sur le modèle rhizomique. Après des échanges épistolaires, des graffitis réalisés à quatre mains, et l’invention du jeu de l’argumentation qu’ils instaurent dans leurs carnets de voyage pour établir des dialogues avec les autochtones, le dessin va devenir une prolongation de leurs paroles. À force de répéter cette pratique et grâce à la ritualisation de ces dessins, ils arrivent petit à petit à schématiser leurs pensées. C’est donc en dialoguant par des formes symboliquement connectées à leurs arguments, qu’ils créent des discussions graphiques. Ils mettent ainsi en place un processus de création qui leur permet d’échanger leurs idées sur un modèle pluridisciplinaire. Voici comment est cons stitué ce processus : le noir, qui apparaît en premier sur la toile, représente la symbolisation du sujet de discussion. C’est la base, le postulat. Le rouge, peint par Tina, correspond à ses arguments, ses pensées. De la même manière, Charly les peint en vert.

Naissance / Amour
2019, acrylique sur toile, kakémono, 160 x 110 cm